En quelques jours seulement, trois séquences médiatiques impliquant des personnalités issues du monde arabo-musulman — venues vivre en France, nées ici ou ayant grandi au sein de cette culture française — ont révélé un malaise profond, une forme d’ingratitude, mais surtout un rejet assumé de la culture qui les a accueillies.
D’abord, Rima Hassan expliquant qu’il faudrait « déconstruire le mythe de la civilisation judéo-chrétienne ».
Puis, lors de la Nuit des Molières, un humoriste refusant un verre de vin sur une chaîne du service public et déclarant : « Mon allégeance à la République a des limites. »
Enfin, la polémique grotesque autour des « Banquets du Canon français », accusés par le recteur de la Grande Mosquée de Paris d’être des événements d’extrême droite parce qu’on y célèbre le fromage, la charcuterie, le vin et les chansons populaires françaises.
Trois expressions différentes. Trois séquences presque simultanées. Est-ce vraiment un hasard ?
Je ne sais pas si ces personnalités se concertent. Mais elles traduisent toutes la même dynamique : une culture du rejet de la France et de son mode de vie, très appréciée par ceux qui détestent notre modèle culturel européen et veulent imposer leurs propres références comme norme dominante.
La culture française devient suspecte. Boire du vin devient problématique. Manger du porc devient une provocation. Revendiquer un héritage judéo-chrétien devient une faute morale. Et aimer son pays devient immédiatement assimilé à une dérive « identitaire ». Comme si être attaché à son histoire, à sa culture, à sa gastronomie et à son art de vivre était devenu honteux.
Pourquoi ?
Parce qu’une partie de l’extrême gauche, désormais alliée objective des islamistes, a abandonné l’universalisme républicain pour entrer dans une logique de confrontation culturelle permanente.
Refuser un verre de vin est évidemment un droit. Mais pourquoi transformer ce refus en accusation politique contre la République ? Depuis quand la République oblige-t-elle quiconque à boire de l’alcool ou à manger tel ou tel aliment ? Cette déclaration était absurde et révélatrice : elle accusait précisément le système qui lui permettait d’être libre de refuser.
Cette extrême gauche et cet islamisme grandissant en France ne voient plus dans la France une civilisation à transmettre, mais une identité à déconstruire. Ils regardent désormais la culture française avec suspicion, parfois même avec haine, sous couvert d’antiracisme et de progrès.
Et surtout, ils reprennent progressivement les réflexes idéologiques des islamistes : considérer que toute affirmation culturelle française serait une agression envers les musulmans.
Le plus inquiétant dans cette polémique, ce n’est pas seulement la critique d’un banquet populaire. C’est le renversement culturel qu’elle révèle. Des traditions françaises vieilles de plusieurs siècles deviennent soudainement suspectes. Un repas populaire devient une « exclusion ». Du vin devient une offense. Un cochon à la broche devient presque un acte politique. À ce rythme-là, c’est la culture française elle-même qui finit accusée d’exister.
Or il faut rappeler une chose simple : les traditions françaises ne reposent ni sur une race ni sur une origine ethnique. Elles reposent sur une culture, une histoire, des habitudes, un art de vivre auquel chacun est libre d’adhérer — ou non. Personne n’est obligé de manger du porc. Personne n’est obligé de boire du vin. Personne n’est obligé d’assister à ces banquets. Quand un aliment pose un problème religieux ou culturel, on ne le consomme pas. C’est aussi simple que cela.
Nos concitoyens juifs pratiquants vivent depuis toujours avec cette réalité sans exiger que la gastronomie française disparaisse ou se transforme autour d’eux. Ils ne demandent pas l’interdiction des foires au vin ou des concours de charcuterie.
Alors pourquoi cette obsession chez certains militants et responsables religieux musulmans ? Pourquoi vouloir transformer des traditions populaires françaises en problèmes politiques ? Imagine-t-on l’inverse ? Imagine-t-on des Français exiger du porc dans un festival culinaire algérien au nom de « l’inclusion » ? Bien sûr que non. Et personne ne traiterait les organisateurs de racistes.
La vérité est simple : cette logique ne vise ni l’inclusion ni la lutte contre le racisme.
Elle vise la culpabilisation culturelle. Elle vise à faire honte à ceux qui accueillent. À rendre coupable la culture majoritaire et originelle de ce pays de simplement exister. À imposer une logique de séparation et de domination symbolique.
Et surtout, elle traduit un basculement inquiétant : on ne demande plus à ceux qui arrivent de comprendre le pays qui les accueille ; on demande désormais au pays qui accueille de se déconstruire lui-même.
Et cette logique est sans fin. Car après le vin viendra la charcuterie. Après la charcuterie viendront les fêtes populaires. Puis les crèches, les cloches, les églises, les traditions régionales, les racines chrétiennes, jusqu’à l’idée même d’une civilisation française et européenne.
À force, tout devient offensant :
les églises,
le vin,
la charcuterie,
les traditions,
les fêtes populaires,
les racines chrétiennes,
et même l’idée d’une civilisation européenne.
Cette dynamique est dangereuse car elle fracture la société au lieu de l’unir. Elle pousse certains Français à avoir honte de leur propre culture pendant que d’autres développent, en réaction, une crispation identitaire de plus en plus forte.
Et au milieu, la République disparaît. Car la République n’a jamais demandé d’effacer la culture française. Elle a justement permis à des populations d’origines diverses de vivre ensemble autour d’un cadre commun. Mais aujourd’hui, une partie de l’extrême gauche travaille pour le compte des ennemis de la république, les islamistes. Elle considère ce cadre commun lui-même comme un problème. Pire : elle pousse une partie de notre jeunesse à se haïr elle-même, tout en nourrissant les tensions et les fractures qu’elle prétend combattre.
Il faut enfin avoir le courage de le dire : on peut respecter toutes les religions sans demander à la France de s’excuser d’exister. La gastronomie française n’a pas à attendre la validation des religieux ou des militants. Pas plus que la culture française n’a à être déconstruite pour satisfaire ceux qui la méprisent déjà. La France mérite mieux que cette haine.
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