Écarté par Israël et le Liban du processus de paix, parce qu’il n’a rien fait ni pour le Liban ni pour le Moyen-Orient, le président Macron nous sort la carte de la paix entre Israéliens et Palestiniens.
Mais quelle est cette paix quand l’une des deux parties prenantes, Israël, n’est pas conviée ?
Quelle est cette solution à deux États quand l’un des deux États n’est ni sollicité ni présent dans l’élaboration d’une quelconque solution ?
On nous reproche souvent de critiquer la diplomatie française, mais jugez par vous-mêmes :
voici un président qui se mobilise contre le dialogue direct pour la paix entre le Liban et Israël, et qui organise une conférence pour la paix… sans Israël !
Voici un président qui mobilise tous ceux, au Moyen-Orient, qui sont contre la paix entre Israël et le Liban, pour mobiliser exactement les mêmes, soi-disant pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, mais qui n’ont eux-mêmes jamais fait la paix avec Israël.
Pour la reconnaissance de l’État palestinien, le président Macron s’est mobilisé avec tous les pays arabes de la région, a multiplié les déplacements pour aller les rencontrer. Pas une seule fois il n’en a parlé avec les Israéliens. Pas une seule fois il ne s’est adressé à Israël. Cette reconnaissance s’est faite dans le dos d’Israël, contre Israël et avec ses ennemis.
Voilà les « efforts de paix » selon Macron : être dans un seul camp, celui des ennemis d’Israël. Reprendre leur rhétorique, leur rejet et leur haine. Les légitimer. Toujours contre Israël. Reprendre les éléments de langage de ceux qui ont déclenché les dernières guerres à Gaza et au Liban, à savoir le Hamas et le Hezbollah.
Quelle est cette paix quand votre diplomatie s’aligne sur un camp contre l’autre ? Quelle est cette paix quand vous passez votre temps à traiter celui qui se défend d’agresseur, et que vous venez jouer l’arbitre en adoptant le langage d’une des parties contre l’autre ?
A-t-on besoin de faire de grandes études pour comprendre que ce n’est pas de la paix dont il s’agit, mais de la volonté de reprendre le leadership d’une coalition contre Israël, et de se faire applaudir par ses pires ennemis ?
Un arbitre doit une neutralité absolue. La France a montré qu’elle ne l’est plus : ni pour le Liban, en soutenant de facto le Hezbollah contre Israël et contre les Libanais eux-mêmes ; ni pour Israël et les Palestiniens, en promouvant un État palestinien après le pogrom, sans demander l’avis des Israéliens, mais en réunissant tous ses ennemis, et surtout en se faisant remercier par le Hamas.
Que dirions-nous si, demain, Israël ou n’importe quel autre pays organisait une conférence sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sans la France, ni même sans lui demander son avis, en réunissant uniquement les indépendantistes, en les soutenant et en les finançant contre la France ?
C’est ce qui se passe avec Macron et sa diplomatie à l’allure coloniale : dicter au Liban ce qu’il doit faire et avec qui il doit parler, en attisant la haine d’Israël. Proposer une conférence pour la paix et promouvoir un État palestinien sans l’avis des Israéliens.
Quand on est à ce point déconnecté, et surtout aligné sur les adversaires de la paix, on ne peut pas être légitime pour parler de paix.
Mais surtout, cette conférence n’aboutira à rien, sinon à tenter d’auréoler le nom d’un président qui n’a rien fait de positif au Moyen-Orient, dans un registre purement communicationnel.
Souvenez-vous de sa tentative à l’ONU pour la reconnaissance de l’État palestinien : tous les pays arabes et musulmans l’ont laissé tomber pour courir après Trump et son plan. Macron n’a même pas été convié, alors qu’il était à deux mètres, à parader dans les rues de New York.
Soyez-en certain : sa conférence pour la soi-disant paix, au mois de juin, subira le même sort. L’oubli et l’indifférence de ceux qu’il courtise.
Parce que ce n’est pas la paix qu’il cherche, mais le buzz.
Quelle tragédie pour le Moyen-Orient… et pour la France.
