Depuis longtemps, dans le monde arabe, et particulièrement en Syrie, l’image de la France était ambiguë. On la présentait tantôt comme une puissance amie des Arabes et capable de dire non aux Américains, tantôt comme une puissance néocoloniale « amie des sionistes et d’Israël ». Cette vision floue, parfois contradictoire, faisait partie de notre imaginaire collectif.
En arrivant en France, j’ai découvert que cette ambiguïté n’était pas seulement dans nos têtes : elle habitait aussi la diplomatie française elle-même.
Derrière les grands mots et les postures gaullistes, Paris s’accroche encore aujourd’hui à un héritage dépassé et à une obsession tenace pour la cause palestinienne. Résultat : la France s’isole, se marginalise et s’efface dans une région où tout avance vite et où seuls comptent le pragmatisme et la clarté.
Un héritage qui enferme
La France se flatte depuis De Gaulle d’être le partenaire « privilégié » du monde arabe. Cela avait un sens dans les années 1960, quand il s’agissait de se distinguer des États-Unis et de l’URSS. Mais ce logiciel diplomatique est devenu une camisole.
Aujourd’hui, la diplomatie française répète encore et encore le soutien à la cause palestinienne, comme un réflex, même quand certains discours palestiniens justifient la violence, encouragent le terrorisme et flirtent avec l’antisémitisme. On organise des conférences internationales sans lendemain, comme si ces grandes messes suffisaient à faire illusion. On préfère les postures aux résultats. On met à l’honneur des dirigeants corrompus et liés aux pires islamistes, qui eux même financés par un certain pays, nommé le Qatar. le tableau est vite cerné.
Moi qui ai connu la propagande arabe dès l’enfance, je retrouve aujourd’hui dans ces discours français les mêmes slogans usés que j’ai fuis et qui n’apportent que haine et frustrations. La France veut amadouer ceux qu’elle accueille chez elle. Elle les confinent dans leur éducation inculquée au lieu de les aider à s’en émanciper.
Le Moyen-Orient a changé, la France non
Pendant que Paris reste figée dans le discours des marchands de la cause palestinienne, la région, elle, avance et change en laissant la France derrière, en compagnie de ceux qui entretiennent les vielles rhétoriques et recettes. Les Accords d’Abraham ont redessiné le début d’un nouveau Moyen-Orient sans que Paris monte dans le train. Israël et les Émirats arabes unis construisent des partenariats économiques, culturelles et sécuritaires solides, sans plus attendre que la question palestinienne soit résolue.
L’Iran s’est affaibli, la chute de Bachar el-Assad a eu lieu. De nouveaux équilibres se créent. Même certains pays arabes, longtemps enfermés dans leurs rhétoriques héritées, commencent à évoluer. Mais la France, elle, continue de parler le langage du passé. Elle donne l’impression d’un pays déconnecté, naïf, prisonnier de ses propres illusions. Elle continue même à épargner et à ménager un Hezbollah enfin de cycle, comme si elle voulait le raviver. Jamais le Président Macron le cite nommément alors que ce mouvement est même responsable de la mort des dizaines de Français. Il préfère se cantonner à la vieille chanson : « c’est toujours la faute d’Israël ».
Le Qatar, un partenaire encombrant
Ce qui me frappe le plus, c’est la complaisance française envers le Qatar. Ce petit émirat a investi massivement en France depuis l’ère Sarkozy, et il a su transformer cette relation économique en influence politique. Macron lui-même, qui en 2017 dénonçait encore, en candidat, le rôle négatif du Qatar dans le financement du terrorisme et la désinformation propagée par Al Jazeera, a tout simplement retourné sa veste. Il a renoncé à la fermeté, au bon sens et aux valeurs universelles de la France. L’émir est devenu un « ami stratégique » — tant pis si cet ami a financé le Hamas, responsable du pogrom du 7 octobre 2023 et de la mort de plusieurs citoyens français.
Le problème, c’est que le Qatar n’est pas neutre. Il soutient le Hamas, promeut une diplomatie islamiste et instrumentalise la cause palestinienne. Il est le bailleur de fonds des Frères Musulmans qui s’infiltrent dans nos institutions occidentales. Or, la France continue de le traiter comme un interlocuteur incontournable. Pour quelqu’un qui voulait combattre l’entrisme islamiste, avouez que c’est complètement contreproductif.
De plus, je ne peux m’empêcher de poser la question : quand Paris parle du Moyen-Orient, agit-elle selon ses propres intérêts et ses valeurs, ou bien sous l’influence d’alliés qui défendent avant tout leur agenda ?
Le double discours français
Depuis le 7 octobre, la position française est devenue caricaturale : toujours plus critique envers Israël, toujours plus indulgente avec ceux qui le menacent. Cette posture rapproche Paris du discours de l’extrême gauche en Occident, obsédés par Israël et aveugles face à l’antisémitisme qui progresse. Ce n’est pas un discours diplomatique d’un grand pays.
Et pourtant, dans la région, les choses sont claires : les Émirats, Bahreïn ou encore le Maroc ont choisi d’assumer des alliances ouvertes avec Israël. La France, elle, s’enferme dans un double langage qui ne trompe personne.
Une France marginalisée
Résultat : Paris est à la traîne. Israël est devenu un hub d’innovation et de sécurité, mais la France garde ses distances, allant même jusqu’à pénaliser certaines entreprises israéliennes. La Turquie étend son influence en Syrie, la Chine investit massivement dans le Golfe, la Russie maintient sa présence malgré son affaiblissement.
Et la France ? Elle ajuste sa diplomatie au rythme des manifestations pro-palestiniennes dans ses propres rues. Une puissance qui se laisse dicter son agenda par ses fractures internes n’est pas une puissance crédible.
Même l’invitation du président Al Sharaa à l’Élysée, si ardemment voulue par Emmanuel Macron, n’a rien produit : ni contrats, ni influence, ni même popularité pour la France dans la rue syrienne.
Ce que j’attends de la France
Je le dis comme un Syrien qui a grandi dans la haine d’Israël et qui a vu comment ces slogans ont nourri des guerres et détruit des vies : la France ferait mieux d’assumer une diplomatie ferme, claire et cohérente. Sans concession avec les islamistes. Elle devrait commencer par éviter l’amalgame qu’elle entretient entre musulmans et islamistes, alors même qu’elle prétend les combattre.
La France devrait forger de vraies alliances stratégiques avec Israël et les Émirats, au lieu de s’accrocher au mirage palestinien. Elle devrait encourager les Accords d’Abraham plutôt que de les ignorer. Or, on a l’impression qu’elle les méprise parce qu’ils sont mis en place par l’administration Trump. Elle devrait enfin lutter contre le Hamas, au lieu de récompenser ses parrains, et exiger sa fin avant toute discussion sur une reconnaissance palestinienne. La France fait le contraire ce qu’il faut faire.
Surtout, elle devrait conditionner toute aide à l’éradication de la culture de haine et de mort entretenue par une Autorité palestinienne corrompue et disqualifiée.
En finir avec l’illusion
La France n’est plus crédible si elle continue à flatter la « rue arabe » et à s’aligner sur des régimes qui propagent la haine.
Le Moyen-Orient avance sans elle. À Paris de choisir : redevenir un acteur lucide et courageux, ou rester un figurant diplomatique, prisonnier de ses illusions et de ses vieilles postures.
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