Occupation israélienne, Omeyyades, conquête : les mots du nouveau pouvoir syrien que l’Occident préfère ne pas entendre.
Le discours de l’ambassadeur de Syrie à l’ONU est fidèle à la stratégie des islamistes au pouvoir : tout va bien dans la Syrie nouvelle. Les minorités, les droits humains, la lutte contre la drogue, contre le terrorisme, la reconstruction d’une nouvelle Syrie pacifique… Une Syrie qui ne veut pas de guerre régionale destructrice.
Des mots destinés à la communauté internationale pour la charmer et consolider la légitimation du nouveau pouvoir.
C’est logique. Ce représentant ne va évidemment pas dire le contraire ni exposer la réalité de la situation.
Mais il y a, dans son discours, des mots qui résonnent particulièrement à mon oreille de Syrien et qui, à mes yeux, révèlent la nature de ce régime.
D’abord, il prend les États-Unis et l’Occident à témoin. Mais il va plus loin lorsqu’il dit, en substance : « Vous nous soutenez et vous connaissez notre objectif. »
Autrement dit : vous, les Occidentaux, vous nous cautionnez. Vous êtes les garants de notre bonne foi.
C’est exactement la stratégie des islamistes : faire de l’Occident leur garant, leur relais, sinon l’agent de leur stratégie. Une stratégie savamment orchestrée : parler le langage de cet Occident berné et lui dire : vous nous connaissez, vous nous soutenez. La Syrie fait tout pour la paix ; c’est Israël qui est responsable des tensions.
Ensuite, il va encore plus loin et dit : pendant que la communauté internationale applaudit les efforts et les succès de la Syrie, Israël, lui, travaillerait dans le sens inverse. Et vous tous, leur dit-il en substance, vous êtes les témoins de notre retenue, de notre bonne volonté et surtout de notre implication sincère dans les efforts diplomatiques menés par les États-Unis, qu’il remercie chaleureusement.
Imaginez leur joie de voir ce discours applaudi par cet Occident qui les soutient.
Le Premier ministre de “l’occupation israélienne”
Mais au-delà de cela, je dis à l’Occident : il existe dans le discours de ce représentant de la Syrie des mots qui peuvent révéler la nature de ce régime. Un régime antisémite et qui, comme le Hamas, veut la destruction d’Israël.
Lisez ses mots lorsqu’il dit : « Imaginez que la région entière soit à la porte d’une guerre destructrice… à cause des calculs politiques du Premier ministre de l’occupation israélienne. » Le Premier ministre de l’occupation israélienne.
Il n’a pas dit le Premier ministre d’Israël, mais le Premier ministre de « l’occupation israélienne ».
Cette phrase, à elle seule, veut tout dire. Israël, pour tous ces gens, c’est l’occupant par définition, donc l’illégitime sur cette terre.
Je vous ai déjà montré des vidéos où des militaires officiels et de futurs médecins, mais aussi de nombreuses manifestations, promettaient des rivières de sang juif. Autrement dit, scandaient et promettaient la mort aux Juifs.
Comment cet Occident peut-il être berné ? C’est une question. Être complice en est une autre.
Comment peut-il valider un tel discours ? Comment peut-il cautionner une telle stratégie ? Comment peut-il rester les bras croisés lorsque ce représentant le prend à témoin et lui dit, en substance : « Vous savez que je dis vrai, puisque vous me soutenez » ?
Et c’est là toute l’entreprise des islamistes. Ils sont acceptés et légitimés par l’Occident. Les minorités en Syrie peuvent aller se faire avoir : l’Occident est avec nous. Macron est venu nous embrasser dans l’enceinte de notre mosquée.
L’épée de Damas
Puis viennent des mots encore plus graves, dont les Occidentaux — et les arabisants de salon — ne saisissent pas la signification.
Lorsqu’il rappelle que Damas est connue pour son épée damascène et pour sa soie, le symbole n’est pas anodin.
Au-delà de la menace à peine voilée, cette évocation de l’épée de Damas, dans le récit des islamistes mais aussi plus largement dans le récit musulman, renvoie aux Omeyyades, au califat sunnite, à ceux qui se proclament détenteurs de la vérité religieuse face aux autres minorités de l’islam.
Évoquer l’épée de Damas, c’est donc d’abord évoquer la conquête. L’Occident ne saisit pas ce symbole. Moi, et bien d’autres, nous le connaissons.
Je vous en ai déjà parlé : la première chose que Joulani a faite en entrant à Damas a été d’aller prier à la mosquée des Omeyyades. Puis il a présenté la chute du dictateur comme une conquête des Omeyyades.
Une conquête des Omeyyades. Contre les Alaouites. Voilà comment ils voient leur victoire : non pas seulement comme la chute d’un dictateur, mais comme une conquête.
Mais évoquer une épée, c’est aussi adresser un message à ceux dont il a parlé tout au long de son discours : Israël.
Vous avez vu des militaires et de futurs médecins jurer de faire couler le sang des Juifs. Et voilà que le représentant de la Syrie à l’ONU évoque l’épée de Damas, l’épée des Omeyyades…
Je vous laisse imaginer à qui ce symbole s’adresse.
Et tout cela sous les applaudissements de l’Occident. Pire : le président Macron est allé signer le registre dans cette mosquée. Il aurait pu le signer dans le musée où les œuvres syriennes sauvées par la France étaient présentées. Non. Il est allé le signer dans la mosquée. La mosquée de la conquête. Parce que les islamistes l’ont voulu. Ils voulaient montrer une victoire. Une victoire contre l’Occident qui les soutient.
Tout symbole a son importance. Ils le savent très bien. Pas l’Occident, naïf et déconnecté. Lui applaudit comme l’idiot du village.
Et enfin, l’ironie, ou presque, pour vous le prouver encore, il suffit d’écouter les mots de ce représentant, de la manière la plus ironique mais aussi la plus dramatique, lorsqu’il dit à la tribune de l’ONU :
« Imaginez que tous les efforts que vous, communauté internationale, déployez depuis des mois s’arrêtent en raison de l’imaginaire d’un gouvernement extrémiste », en parlant d’Israël.
Qui parle d’un gouvernement extrémiste ?
Un gouvernement issu d’Al-Qaïda. Un gouvernement issu de groupes djihadistes. Des cousins idéologiques du Hamas. Un gouvernement soutenu par le Qatar, financier des extrémistes islamistes.
Voilà ce que l’Occident laisse dire et faire : donner un certificat d’honorabilité à un gouvernement issu des pires extrémistes islamistes pour lui permettre de décider qui est extrémiste et qui ne l’est pas.
Quand je vous dis — et désolé de le redire ainsi, vraiment — que l’Occident est comme l’idiot du village : quand on lui montre la lune, il regarde le doigt.
Pire : l’Occident rit et applaudit ceux qui veulent sa propre destruction.
Publié initialement sur Substack le 28 août 2026.
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