N’écoutez pas les ignares, faux spécialistes de la Syrie. Les minorités en Syrie ne sont pas des dhimmis reconnaissants. Ce sont des citoyens. Debout. Et trahis.
Je suis scandalisé d’entendre des journalistes et des soi-disant experts parler d’un pays qu’ils ne connaissent que par le prisme de leurs fantasmes. Leur ignorance crasse devient une complicité active dans la diffusion du narratif islamiste aujourd’hui au pouvoir à Damas.
Je suis outré de les entendre encore vanter la prétendue modération du président syrien Al-Charaa, sans la moindre légitimité démocratique au demeurant, son ouverture envers les minorités… Deux pogroms, des centaines de morts alaouites et druzes, et cela ne suffit toujours pas à leur faire fermer leur gueule.
Je suis en colère de voir ces arabisants de salon incapables de comprendre que ce pouvoir n’a rien de modéré ni d’ouvert. C’est une tromperie islamiste. Du paternalisme islamisé. Ni plus, ni moins.
Ce que ce régime offre aux minorités, messieurs-dames les spécialistes — toujours les mêmes invités sur les plateaux, jamais les vrais Syriens, comme par hasard — ce n’est pas la citoyenneté. C’est une survie conditionnelle, sous contrôle.
Je veux bien leur apprendre, à ces experts autoproclamés, que dans l’imaginaire des partisans de Joulani, la Syrie post-Assad doit revenir à un ordre moral ancien :
• Un seul peuple légitime : la majorité sunnite. Qu’ils aillent se renseigner sur cette société fortement islamisée et sa vision des minorités.
• Des minorités tolérées si elles restent dociles, soumises, ou reconverties au seul dogme sunnite.
• Toute voix dissidente assimilée à une trahison.
Les Druzes de Sweida, comme hier les Alaouites, les Chrétiens, les chiites ou les Kurdes, paient aujourd’hui le prix d’un fantasme : celui d’une oumma sunnite, omeyyade, purgée de tout ce qui sort de la norme religieuse majoritaire.
À ceux qui confondent soumission avec tolérance, résignation avec intégration, et massacres avec simples malentendus locaux, il faut rappeler une chose simple :
Un régime qui tue — ou laisse tuer — ses minorités par des hordes de djihadistes, souvent venus de l’étranger, n’est pas en voie d’ouverture. Il est en voie de radicalisation.
Alors journalistes, arabisants de salon, chroniqueurs du service public :
Un peu de décence.
Un peu de mémoire.
Un peu de recherche.
Et surtout, un peu d’ouverture — pour laisser enfin la parole aux Syriens, pas à ceux qui prétendent les connaître à travers leurs fantasmes d’Orient mythifié.
Les minorités ne sont pas des dhimmis reconnaissants.
Ce sont des citoyens. Debout. Et trahis.
Et vous, journalistes ignorants, vous êtes complices de cette trahison.
